Récemment, je disais à un ami que mon bien-être physique est la plupart du temps inversement proportionnel à l’intérêt que je porte à la tâche que je suis en train d’accomplir. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. En réalité, la courbe est plutôt en forme de U : une journée extrêmement plate et interminable au travail est susceptible d’entraîner un relâchement total de la posture (je finis presque par glisser sous mon bureau) et des douleurs subséquentes; pour tout ce qui pourrait être qualifié de raisonnablement plate, je suis rendue assez bonne pour gérer mon ergonomie; par contre, ça se gâte fortement quand je commence à m’intéresser à ce que je fais : c’est comme si je voulais plonger littéralement dans la tâche, tout se dérègle.

Mon physio, avec qui j’ai noué une relation épisodique à long terme depuis le début de l’âge adulte, est toujours un peu découragé quand je viens le consulter. C’est qu’à la question « Comment c’est arrivé? », j’ai toujours une réponse qui ressemble à : « Beaucoup de travail de bureau, mais aussi des concerts de violon/piano dernièrement, pis aussi j’ai recommencé l’aviron/le tennis/le ski de fond/la course, fait que j’ai mal là, là, là pis là. Et j’ai aussi mal quand je dors, pis ça, je fais ça TOUTES les nuits. » Ça ne lui donne pas beaucoup de pistes pour cerner le problème. Ou beaucoup trop, en fait.

Longtemps, j’ai voulu blâmer UNIQUEMENT le travail de bureau pour tous mes maux. J’étais convaincue que « job de 9 à 5 devant un ordi » = mourir à petit feu. Et d’ailleurs, chaque mois ou presque, un article était publié qui venait appuyer mes prétentions. Mais, avec le temps et les recommandations de mon physio, j’ai appris à me tenir comme il faut au travail et j’ai développé une méthode pour réduire au minimum les problèmes de dos et de bras : clavier minimaliste, souris verticale, aller trois fois par jour monter les escaliers jusqu’en haut de la tour pour éviter de prendre racine dans ma chaise, travailler debout à l’occasion. Ça fonctionnait : je suis restée quelques années dans le creux du U la grande majorité du temps. Quand les douleurs revenaient, je recommençais à faire les exercices que le physio m’avait prescrits en 2009, quand j’avais beaucoup souffert en jouant Les Saisons de Haydn (je recommencerais demain matin, c’est assurément dans mon top 5 de concerts). Dans les pires cas, je prenais un relaxant musculaire sous ordonnance, et ça ne durait pas trop longtemps.

Mais la méthode ne fonctionne que si je suis tout à fait indifférente à ce que je suis en train de faire, voire légèrement ennuyée. Pour peu qu’une activité soit stimulante ou me donne un peu de joie (à tout ce que j’ai mentionné plus haut pourraient s’ajouter : lecture, vélo, télé, jardinage, jouer aux Lego ou faire des casse-tête avec mes enfants, visiter un musée, etc.), je finis généralement par en souffrir.

Comme vous êtes un lectorat futé, vous comprendrez que présentement, ça ne va pas du tout : à l’approche de mon congé, les journées de travail me semblent plus interminables et ennuyantes que jamais; par ailleurs, j’ai commencé à temps perdu (mais pas perdu) des formations qui, de toute évidence, me stimulent infiniment plus que ce que je fais d’ordinaire; l’arrivée du printemps me donne l’occasion de recommencer à pratiquer des sports que j’aime, mais qui me brisent davantage; et pour couronner le tout, on prépare à l’orchestre des programmes qui me donnent du fil à retordre, au piano ET au violon. À vrai dire, même tenir ce blogue contribue aux tensions infinies que je ressens. Et la nuit, quand on espérerait que le corps et l’esprit se régénèrent, c’est tout le contraire qui m’arrive : si par bonheur je trouve le sommeil rapidement, je me réveille pour avoir mal. Affectée par le manque de sommeil, j’ai opté pour la médication de cheval, mais l’effet gueule de bois du lendemain ne donne pas envie d’en prendre l’habitude à long terme.

Mon congé, qui s’annonce des plus passionnants, commence dans trois semaines jour pour jour. Ça me laisse peu de temps pour soigner mes bobos. Cela dit, je ne ménage aucun effort (pas vrai, mon alimentation est encore très douteuse) pour essayer d’être un esprit sain dans un corps sain! Tartinage de Voltaren, optimisation de la posture au sommeil, pauses fréquentes, étirements et exercices (j’ai ressorti des vieilles techniques de Feldenkrais apprises au Conservatoire!)… j’ai même acheté des pilules de curcuma à la pharmacie, c’était en spécial! Je ne suis pas encore rendue à l’homéopathie ni à l’ostéoyoga, mais presque…

Malgré tout cela, je devrai fort probablement composer avec des douleurs dès le début de la formation (en plus, j’ai un concert et des répétitions cette semaine qui ne m’aideront en rien). Je me croise les doigts pour que ça ne dure pas tout l’été et surtout, que ça n’empire pas! Mais assurément, c’est une chose que je ne pourrai pas perdre de vue et j’aurai besoin, pour éviter les problèmes, d’une discipline de fer. Pas question de passer 3 heures devant l’écran sans interruption, de travailler sur mon ordinateur portable sans un écran, une souris et un clavier ergonomiques (de toute façon, l’écran du portable a trop de reflets pour que je puisse envisager de travailler dehors ne serait-ce que 5 minutes), de négliger les exercices de physio, de passer plus de deux secondes avec mon téléphone dans les mains (d’ailleurs, selon mon estimation, dans le métro, 7 personnes sur 10 sont penchées sur leur téléphone tout le long de leur trajet… ça doit leur faire mal, non?), de continuer de faire une activité qui me fait mal, de prolonger mon apprentissage au-delà des heures établies… S’il faut que je me ligote à ma chaise pour éviter de projeter ma tête vers l’écran, je le ferai (ça doit quand même être un peu difficile à réaliser seule, surtout si je dois prendre des pauses souvent…).

Parce qu’au final, je dirais que ma condition physique est l’aspect le plus risqué de mon congé. Plus ça va, plus j’ai confiance que je vais être capable d’apprendre énormément et de convaincre quelqu’un de m’engager sans trop de difficultés… si je suis encore capable de marcher pour me rendre à l’entrevue! À suivre…

Une réflexion sur “Ergonomie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s