La semaine dernière a été particulièrement encourageante pour moi et ma démarche de réorientation. Le timing est excellent : mon congé commence dans une semaine, c’est le temps d’y croire à fond!

Tout d’abord, ma soeur m’a envoyé ce texte : Atypiques aujourd’hui, indispensables demain. Essentiellement, l’auteur dit qu’à la vitesse où certaines compétences deviennent obsolètes, dans un contexte toujours plus technologique, nous avons tout intérêt, tous, à être capables de nous mettre à jour rapidement. Et c’est là que des gens comme moi, ayant erré beaucoup, mais ayant toujours démontré une forte capacité d’apprentissage, peuvent tirer leur épingle du jeu. Par ailleurs, je me suis douloureusement reconnue dans ce paragraphe fort éloquent :

Pourtant, dans la société telle qu’elle est bâtie aujourd’hui, rien ne nous aide à découvrir notre singularité et à aligner qui nous sommes avec ce que nous faisons. L’école nous apprend mille choses, sauf à nous connaître. Le travail ne nous autorise ensuite que très peu d’errances, nous contraignant ainsi à poursuivre la dynamique créée par notre première expérience professionnelle, souvent « subie » plutôt que choisie. – Alexandre Pachulski, La Presse, 1er avril 2019

Se présenter comme autodidacte, forcément, c’est prêter flanc aux critiques de responsables du recrutement qui assumeront qu’il y a des lacunes, sans doute quelques mauvais plis, que le C.V. est plein de trous… Mais ces critiques peuvent être écartées sans trop de difficultés quand ce qu’on ne connaît pas encore, on se sait capable de l’apprendre. Il faudra de plus en plus de corde à l’arc, et c’est là que la capacité d’apprentissage deviendra aussi importante sinon plus que les acquis.

L’autre chose qui m’a rassurée sur la crédibilité que l’on pourrait éventuellement accorder à ma démarche dans un contexte d’embauche, c’est que j’ai été à la foire de la carrière qui avait lieu dans la section assurances de la banque qui m’emploie. En marge de la foire, j’avais des rendez-vous avec des personnes qui travaillent en analyse de données, avec lesquelles mon mentor m’avait mise en contact. Je dois dire que j’ai toujours un petit syndrome d’imposture quand je parle de mon projet à des gens qui sont allés à l’école pendant plusieurs années pour se préparer au monde du travail. Ce serait normal, de leur point de vue, d’être un peu sceptiques devant une fille qui pense se terrer chez elle pendant 5 mois et en ressortir prête à l’emploi! (C’est la façon simpliste de le dire; en réalité, je suis bien consciente que ce sera plus complexe!)

Mais parmi toutes les personnes que j’ai rencontrées, aucune n’a même haussé un sourcil ou laissé transparaître le moindre scepticisme. Tout le monde semblait trouver ça complètement normal et réaliste. À un tel point que je ne serais pas étonnée que parmi ces 4 collègues se trouve la personne qui me donnera ma première chance, un jour pas si lointain. Il faut dire qu’habituellement, quand je parle de mon plan, la réaction est souvent : « C’est quoi ça, la science des données? » Puis, après quelques explications sommaires : « Ah. OK. » On va se le dire, la majorité des gens ne se passionne pas pour le sujet! Ça m’a fait du bien de parler à des gens qui s’y intéressent de près, surtout que ça m’a permis de valider les compétences recherchées, compétences qui figuraient déjà pas mal toutes à mon programme pour l’été, aussi peu structuré soit-il.

Ma carte cachée (à peine cachée, à vrai dire), c’est qu’il y a présentement une pénurie de gens qualifiés. Les entreprises n’ont pas intérêt à lever le nez sur des candidatures « incomplètes », si la volonté d’apprendre est là. Bien que rien de tout ça ne constitue une assurance que j’aurai un emploi dans mon nouveau domaine dans six mois, je n’ai pas l’impression de sauter dans le vide autant que je l’aurais d’abord cru. Je ne suis pas du tout inquiète pour mon avenir, d’autant plus que le monde des données offre des possibilités d’avancement beaucoup intéressantes que celui de la traduction.

Plus que 7 dodos avant de me lancer dans ces 100 jours d’études qui me permettront enfin de briser l’inertie d’un emploi redondant, de quitter ce « fauteuil où l’on reste », avant de m’endormir et d’y mourir.

Une réflexion sur “Assurance(s)

  1. J’avais besoin de ce texte et de l’article aujourd’hui. Merci! Amuse-toi bien dans ta période de changement!

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