C’est aujourd’hui que mon congé prend fin. Vingt semaines de formation intensive autodidacte. Hier, j’ai franchi la barre des 500 heures de formation, l’objectif que je m’étais donné en début de parcours. À vrai dire, je l’ai même un peu dépassé… j’avais envisagé de m’accorder deux jours de repos pour finir en beauté, mais je me suis laissée emporter par un projet; c’est bon signe, je ne suis pas encore tannée. Comme une marathonienne qui courrait encore quelques kilomètres pour aller voir quelque chose qu’elle a aperçu sur le parcours…

Alors, lundi, le 9 à 5 reprend ses droits. Cela, en soi, ne m’enthousiasme pas beaucoup. Je vais m’ennuyer de ce temps de liberté, de découverte, d’aventures! Je dois me répéter souvent que ce n’est pas la fin, ce n’est que le début.

je ne suis pas revenu[e] pour revenir

je suis arrivé[e] à ce qui commence

Deux morceaux de robots si vous attribuez cette citation au bon poète, et un point boni si vous me dites où vous avez déjà vu ça

C’est le début d’une carrière qui, je l’espère, sera un peu plus palpitante que la précédente. La recherche d’emploi s’apparentera peut-être à une quête longue et ardue. Ce n’est pas nécessairement le type d’aventure que je préfère, mais il y aura certainement des rebondissements, que je vous raconterai en temps et lieu. J’aimais quand même pas mal mieux avoir le contrôle sur mon temps et mes occupations…

J’ai confiance que j’ai acquis suffisamment de compétences au cours des derniers mois pour être en mesure d’apporter une excellente contribution dans une équipe. Par contre, ce sera peut-être plus difficile que je le croyais de convaincre quelqu’un de me prendre dans son équipe. J’ai déjà essuyé quelques revers… Je vous ai raconté précédemment qu’au mois d’août, j’ai presque failli décrocher un poste. C’était pour un OBNL visant à valoriser les données dans le domaine culturel. L’entrevue « technique » avait été une grande source de stress, la convocation pour une entrevue individuelle, un grand soulagement… Au final, j’avais été déçue de passer si près et d’échouer au fil d’arrivée, mais ça m’avait motivée pour la suite. Je dirais même que j’avais besoin de ce test en milieu de parcours pour valider mes choix et surtout prendre conscience de ce qu’il me restait encore à faire. Ça aurait été un maudit bon punch pour ce blogue d’obtenir un poste à mi-chemin, mais ça aurait été presque trop facile; certainement trop beau pour être vrai.

Depuis, j’ai semé au vent quelques CV, en concentrant mes efforts sur les postes offerts dans l’entreprise où je travaille déjà. Tout l’été, j’ai tenté de maximiser mes chances en m’incrustant dans l’équipe d’analyse de données : j’ai participé avec des collègues à un projet de bénévolat (la Banque met au service d’OBNL l’expertise de son personnel en matière de gestion des données), et ça m’a permis de rencontrer beaucoup de monde, et surtout d’étaler bien en vue mes nouvelles compétences. Si la stratégie fonctionne pour rallier ces collègues à ma cause (et j’apprécie grandement leur soutien et leurs encouragements; l’un deux m’a même fait « subir » une simulation d’entrevue technique de programmation, ce qui m’a donné une occasion de plus de l’épater), on ne peut pas dire qu’elle ait encore donné de résultats pour avoir ne serait-ce qu’une entrevue pour un poste… Je ne désespère pas, ça viendra. Je réalise que c’est difficile pour une personne qui embauche de simplement me croire sur parole…

En attendant, il me faut donc retourner dans mes vieilles pantoufles de traductrice. Il y a quand même certains avantages : l’hémorragie bancaire va pouvoir cesser, et je pourrai prendre le temps de trouver l’emploi qui me convient, sans stress. N’empêche, je trouve toujours ça un peu pénible de retomber dans la routine après avoir vécu des aventures, quelles qu’elles soient : voyages, concerts, ou tout ce qui m’extirpe d’un quotidien qui m’inspire souvent de l’ennui. Cet ennui était d’ailleurs un peu le moteur qui m’a fait travailler si fort tout l’été : j’aimerais aimer mon quotidien davantage, et je suis contente d’avoir pris les moyens pour y arriver… Mais souvent, les extraordinaires aventures nous font rêver, nous fixent au loin des objectifs qui nous permettent de mieux « endurer » les périodes un peu plates en attendant la prochaine (mais peut-être que c’est juste moi qui trouve ça plate et que tout le monde aime son quotidien?)… mais le danger, c’est qu’elles font souvent aussi pâlir la vie normale par comparaison. Je me souviens d’une fois où j’avais chanté la deuxième symphonie de Mahler dans le chœur de l’OSM, un mercredi soir; le lendemain, je reprenais place derrière mon ordi pour traduire quelque texte insipide. Ce jour-là, je l’avais trouvé très beige, mon quotidien…

C’est sûr que je vais être légèrement moins enthousiaste en me levant lundi matin, mais au moins, l’aventure de cet été, toute extraordinaire qu’elle fut, devrait aussi me permettre, éventuellement, de voir un peu plus de couleurs dans mon travail. Et ça, ce n’est pas un voyage dans un endroit exotique qui l’aurait permis. Surtout, ça m’a donné l’envie de continuer d’apprendre, une envie d’apprendre qui, somme toutes, devrait pouvoir être conciliée avec le besoin de travailler. J’ai encore du pain sur la planche.

Pour finir, je vais bien être obligée de m’autoévaluer, vu que j’avais personne pour me surveiller. Commençons par le pire : je me donne un F incontestable pour l’ergonomie. Avant de partir en congé, je me suis inquiétée pour mon dos… Mon dos va assez bien. J’ai été relativement disciplinée avec mes exercices, j’ai pris soin de prendre des pauses à chaque heure (au début, du moins). Et après, j’ai été à CAMMAC… J’étais bien fière de ne pas avoir trop souffert sur le coup, mais ça a dégénéré peu après, notamment avec la fin de semaine de répétition intensive pour la Symphonie de la Virée. J’ai commencé à avoir mal (aux deux mains) en tournant une poignée de porte, en dévissant un couvercle ou un bouchon, en écrivant… Mon médecin de famille m’a dit que c’était sans doute de l’arthrose (ça m’a fait légèrement paniquer), mais finalement ce ne sont que de vulgaires tendinites. BRA-VO!

Avant de cesser de travailler, je m’étais promis de profiter de cette chance unique d’avoir un horaire un peu allégé et surtout très flexible pour voir des personnes que je ne vois pas assez souvent et faire du sport plus régulièrement (de l’aviron surtout)… Encore là, c’est un échec lamentable : j’ai dû dîner deux fois avec des amies en cinq mois; pour l’aviron, j’ai bien essayé, mais j’ai réussi à y aller tout au plus une fois par semaine… jusqu’à temps que je me blesse et que je ne remette plus les pieds au club. Un autre F incontestable. Mais en même temps, c’est peut-être aussi ça qui m’a permis d’atteindre mes objectifs de formation; tout est une question de priorités.

Pour pas mal tout le reste, je me donne un bon A+, comme mon groupe sanguin! En même temps, le vrai succès de cette entreprise va être déterminé par le fait que je décroche un emploi ou non… Mais honnêtement, il n’y a pas grand-chose que je referais différemment. J’ai été plus disciplinée que jamais. Les formations que j’ai choisies était pertinentes. Je ne suis pas contentée de gratter la surface : je me suis assurée de vraiment comprendre ce que je faisais, même si ça impliquait parfois de revenir en arrière. Dans la mesure où je naviguais un peu « au feeling », je trouve que mon intuition est vraiment pas pire! Il y a des choses que j’aurais peut-être gagné à apprendre dans un ordre différent, mais j’ai commencé par ce qui me tentait le plus, et c’est rarement une mauvaise stratégie de suivre ses inclinations : peut-être que c’est précisément ça qui m’a permis de rester motivée jusqu’à la fin.

Pour mettre un peu (beaucoup) de couleurs dans le propos, voici un graphique qui résume mes cinq derniers mois… (Cliquez dessus pour la version interactive mais surtout plus grande et plus lisible!)

Subjects Cumulative

Les arts visuels, ça n’a jamais été ma force, mais vous n’imaginez pas à quel point c’est difficile de trouver un grand nombre de couleurs distinctes qui soient tout de même agréables à l’œil! J’avais une autre version du même graphique, mais avec seulement les neuf sujets que j’ai le plus étudiés, et j’ai fait quelques tests de couleurs. En voici un qui fait moins mal aux yeux, mais bonne chance pour distinguer le bleu très pâle du bleu très, très pâle! Et j’ose à peine imaginer la confusion d’un daltonien devant de tels graphiques! Mais c’est beau, on dirait des icebergs!

Alors, c’est fini, ce congé très particulier et pas du tout reposant. Mais j’espère que l’apprentissage ne sera jamais terminé, et ce blogue ne disparaîtra pas de sitôt non plus. Je n’ai même pas encore conclu la Saga des mauvais choix! Revenez bientôt pour de nouvelles aventures!

2 réflexions sur “Bulletin

  1. Déjà!! Je suis hautement impressionnée, es-tu étonnée? En te lisant, je réalise que malgré ma soif de savoir insatiable, je préfère évoluer dans un cadre plus ou moins dirigé. Tout le monde se plaint, dans mon bac, de l’approche par compétence, et de l’apprentissage par problème; eh bien moi j’aime ça 🙂 « Fais ce que tu juges prioritaire, et réfléchis à ta guise, mais t’as un deadline » . Pas mal le meilleur des mondes pour moi 🙂
    Lousse comme tu le fus, j’aurais eu juste une maison beaucoup trop propre avec des planchers lavés quotidiennement, pas mal certaine de ça…

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