En fin de semaine, je participe à un concert de l’Orchestre symphonique des jeunes de Montréal, à titre de pianiste surnuméraire qui fait grimper la moyenne d’âge. Ça m’a rappelé que je suis rendue là dans ma Saga des mauvais choix : l’année où j’ai travaillée pour l’OSJM.

Mettons tout de suite quelque chose au clair… « Mauvais choix » et « OSJM » dans le même titre, ça ne va pas bien du tout ensemble! L’OSJM, ça représente beaucoup de choses pour moi, mais en aucun cas un mauvais choix! Résumons un peu : je suis entrée dans l’orchestre en 1996, à 14 ans, et j’y suis restée, malgré une interruption en 2005-2006, jusqu’en 2008 , l’année où on m’a poussée à la retraite (comme plusieurs ayant atteint l’âge vénérable de 25 ans, j’ai été par la suite me réfugier à Sinfonia, sanctuaire où les instrumentistes d’une autre génération vont écouler leurs vieux jours). J’y ai joué du violon, surtout, du piano, du célesta, de l’orgue (avec les pieds!!!)… même des cymbales! Tous les concerts, les tournées, les Soirées des chefs, les Noëls à Saint-Donat, les festivals auxquels nous avons participé figurent assurément parmi mes plus belles expériences de jeunesse. C’était une école extraordinaire. Il y avait par contre un côté moins glorieux à toute la patente… Disons simplement qu’au début de la vie adulte, le samedi matin est parfois un moment mal choisi pour une répétition. Je garde en mémoire quelques durs lendemains de veille, notamment l’inoubliable répétition qui a suivi le party de Saint-Valentin du Conservatoire, en 1999… La veille, une journée de marde s’était terminée par un tête-à-tête avec une cuvette. Mais le matin venu, fiable et responsable, j’avais quand même pris mon courage à deux mains pour aller à la répétition, au cours de laquelle j’ai dû sortir une bonne dizaine de fois pour aller prendre l’air. Pas mal sûre que j’étais verte… Mais bon, à part ces légers désagréments très occasionnels, c’était tout simplement formidable de pouvoir explorer autant de répertoire dans un contexte aussi génial.

L’OSJM et son chef, Louis Lavigueur, circa 2000

Depuis la « retraite », je maintiens toujours un contact avec l’OSJM. Nous avons parfois des concerts conjoints, avec Sinfonia, où l’on joue des symphonies démesurées de Mahler qui requièrent une instrumentation débile (pendant qu’on parle de Mahler… quand j’en écoute beaucoup, comme cette semaine, je me mets parfois à écrire « mahleureusement »). Aussi, je fais encore régulièrement du bénévolat, par exemple la révision des biographies des solistes. Rarement, je vais boucher un trou dans la section de violon (comme cet été, quand il était interdit de faire jouer des instrumentistes mineurs dans un concert) ou jouer la partie de piano (c’est rare, les pianistes, dans des orchestres de jeunes… et c’est aussi relativement rare que les compositeurs utilisent le piano dans leurs œuvres).

Mais la raison pour laquelle je raconte tout ça dans la Saga des mauvais choix, c’est parce que pendant l’année 2006-2007, l’OSJM a été mon employeur à temps (presque) plein. Après avoir abandonné le DESS en traduction, j’ai terminé la rédaction de mon mémoire de maîtrise. Au printemps, le verdict pour mes demandes de bourses de doctorat est tombé : ni le CRSH ni le FQRSC n’allaient financer mes explorations songées, mais néanmoins un peu fantaisistes. Une courte introspection m’a fait réaliser que sans bourse pour subvenir à mes besoins, j’étais légèrement moins motivée à poursuivre mes études pour plusieurs années encore… Au même moment, une amie qui s’occupait de la gestion de l’OSJM depuis plusieurs années a remis sa démission. Ce qui est un peu drôle, dans cette histoire, c’est qu’auparavant, le poste de direction administrative de l’orchestre avait été occupé par mon père, pour occuper sa pré-retraite (il avait d’abord été longtemps le valeureux trésorier de l’orchestre)… puis par la mère de l’amie en question! N’ayant rien devant moi (j’ai brièvement occupé un emploi de vendeuse dans un magasin de plein air, mais c’était si peu concluant qu’on m’a vite remerciée!), j’ai décidé de tenter ma chance. C’est comme ça que je suis devenue directrice administrative de l’OSJM, à un âge où j’aurais encore pu être membre de l’orchestre comme musicienne.

C’était une belle année, somme toutes, un genre d’année de transition… J’organisais les concerts (c’était l’année du 30e anniversaire de l’orchestre : mon baptême de feu!), les collectes de fonds, je gérais les abonnements, je chaperonnais l’orchestre pendant la fin de semaine intensive à Orford (du haut de ma très grande maturité!), je m’occupais de la comptabilité. J’apprenais des choses sur le tas, pas nécessairement des choses qui me passionnaient, mais des compétences générales qu’il est toujours pratique de posséder. Pas tout à fait adulte encore, j’habitais avec des colocs, c’était ben relax comme mode de vie! Et quand il manquait quelqu’un pour jouer deux-trois notes de glockenspiel, d’orgue ou de cymbales, je participais aussi aux concerts.

Une (autre) année a passé sans que je m’interroge vraiment sur mon avenir professionnel… (Faut le faire, quand même, j’étais presque rendue à 25 ans!) Mais vers la fin de l’année, la présidente du C.A. m’a parlé d’une de ses connaissances qui avait des postes à combler en révision linguistique. Sentant que mes compétences seraient plus utiles dans ce domaine-là, j’ai accepté un emploi de réviseure et renoncé à mon poste de directrice de l’OSJM après seulement une année. Pour assurer une transition plus fluide, entre autres, je suis restée pour un dernier tour de piste comme musicienne.

Au prochain épisode de la Saga, j’entame ma carrière langagière dans un magazine à potins! En attendant, si vous n’avez pas de plans pour ce soir, la belle jeunesse fougueuse et moi-même vous attendons à la salle Claude-Champagne, à 19 h 30. Pour plus de détails : www.osjm.org Au programme, Prokofiev (Symphonie no 5 et L’amour des trois oranges) et le 3e concerto pour piano de Beethoven interprété par Jean-Michel Dubé, sous la direction toujours vigoureuse de Louis Lavigueur!

Une réflexion sur “La saga des mauvais choix, ép. 8 – L’OSJM

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