Bonne année 2020 à vous, mes formidables destinataires! Regrettez-vous ces jours-ci vos excès des dernières semaines? Ou vous félicitez-vous, au contraire, d’avoir été fort raisonnable? En tout cas, j’espère que vous avez passé de bien belles fêtes et que vous vous sentez d’attaque pour la nouvelle année!

L’an dernier, à peu près à pareille date (j’ai un peu procrastiné cette année!), je vous souhaitais « santé, amour, ikigai, et tout ce qui compte pour vous », en plus de vous embrasser tendrement. Alors, en ce début d’année, je viens, un peu tardivement j’en conviens, au secours des gens qui n’ont pas eu le temps de googler « ikigai » en 2019!

L’ikigai est un concept japonais qui se traduit plus ou moins par « raison d’être » ou « joie de vivre », quand on veut garder ça court… Mais la concision, moi, ce n’est pas mon fort, alors je dirais « le sentiment de faire quelque chose d’utile et de valorisant/valorisé/payant, tout en utilisant ses compétences et en ayant du plaisir ». (La page en anglais de Wikipedia propose quelque chose d’un peu plus intéressant et moins concis que celle en français : « the reason for which you wake up in the morning ».)

Une image vaut mille mots (même qu’ici, on triche et il y a des mots dans l’image!) :

Étant donné que la plupart des gens se lèvent le matin pour aller travailler (et aussi qu’un des cercles concerne la possibilité de faire de l’argent), c’est sûr qu’il y a une forte association entre l’ikigai et la profession, mais je pense que le concept peut quand même inclure d’autres occupations qui permettent de combler les besoins de base d’un humain.

Pris au pied de la lettre, ça me semble un mirage, l’ikigai; ça l’est en tout cas si on prend ça comme une garantie de bonheur constant. Je connais beaucoup de personnes qui occupent de nobles professions, utiles, payantes, respectées; des métiers que ces gens ont choisis en fonction de leurs intérêts… et pourtant, l’épanouissement maximal n’est pas toujours au rendez-vous. J’étais la première à me plaindre constamment de mon métier de traductrice : c’est un travail dont le monde a besoin (quoique de moins en moins, si l’on considère les avancées technologiques dans le domaine), qui offre une rémunération très acceptable, pour lequel je suis compétente et que j’ai un certain plaisir à exécuter (parfois!). Dans mon cas, la rareté du plaisir a fait en sorte que je n’avais vraiment pas souvent le goût de me lever pour ça, surtout après 10 ans dans le domaine bancaire… Toutefois, si on adopte une approche plus globale qui comprend ce que je fais dans la vie à part travailler, je n’atteins pas le nirvana professionnel de l’ikigai, mais j’ai quand même un peu d’agrément et je gagne ma vie honorablement :

Clairement, l’argent n’a jamais été une priorité…

Au final, c’est pas si pire, mais ça valait quand même la peine de changer de domaine pour aller voir si je ne pourrais pas ikigayer ma vie un peu plus ailleurs! 🙂 Surtout que ce n’était pas si compliqué finalement!

Mais là où je trouve l’illusion entretenue par l’ikigai un peu dangereuse, c’est que même les gens qui pratiquent un métier qui semble taillé sur mesure pour eux peuvent avoir mille raisons de le détester à l’occasion. À écouter parler les gens, on a souvent l’impression que le travail est une prison, prison que l’on a pourtant choisie. L’organisation déficiente du travail, les conflits interpersonnels, les contraintes imposées à la vie personnelle/familiale, la précarité, l’infinie répétition des mêmes gestes, des mêmes mécanismes sont souvent autant de raisons de se dire : « C’est pas ça pantoute que je voulais faire, j’haïs ça. » Moi, c’est pas trop pire, je peux me dire : « J’ai fait des choix vraiment caves, je ne mérite pas mieux. » À vrai dire, je ne sais pas vraiment si c’est mieux ou pire de se dire qu’on a fait des bons choix, mais qu’on se fait quand même pas mal chier au boulot!

Bref, il n’y a pas grand-chose de parfait dans la vie ni au travail, surtout qu’on y passe des dizaines d’heures par semaine. Alors, nous n’avons pas le choix de mettre un peu d’eau dans notre 2020! Je vous souhaite encore de la santé et de l’amour, et aussi d’avoir des choix, et la liberté et le pouvoir de choisir ce qui vous donne le plus de bonheur!

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