Vite, vite! Il faut que je finisse ma Saga des mauvais choix avant l’apocalypse… Oui, bon, à bien y penser, ce n’est peut-être pas essentiel, mais ça pourra sûrement me faire du bien de penser à autre chose qu’à l’ambiance mortifère pendant quelques minutes! J’aurai sûrement l’occasion de revenir sur LE sujet d’actualité au cours des deux semaines où mes enfants seront en congé forcé…

En attendant, reprenons là où j’avais laissé : en 2007, la présidente de l’OSJM de l’époque m’avait recommandée à une de ses amies pour du travail de révision linguistique. Après un test d’aptitudes que j’avais dû repousser pour une chirurgie semi-prévue (dont j’aurai sûrement l’occasion de faire le récit sur ce blogue un jour; un récit pas mal plus drôle que celui de mon opération à la mâchoire, par ailleurs), j’avais été engagée comme pigiste aux Publications Charron, en plus de mon poste à l’orchestre dans lequel je n’avais pas l’intention de m’éterniser.

Les Publications Charron, c’est l’entreprise du monsieur avec les grosses lunettes qui disait « Bonne semaine! » dans des publicités télévisées dont vous vous souvenez sûrement si vous possédiez une télévision dans les années 2000. Une sorte d’empire d’édition, avec de nombreux périodiques et des collections de livres, qui a depuis fusionné avec d’autres entités. (Je pense que maintenant, toutttte est plus ou moins la propriété de PKP/Québécor/Vidéotron/TVA.) Concrètement, mon travail consistait à m’assurer de la qualité du français pour les publications suivantes :

  • La Semaine – potins du vedettariat québécois, pas trop scabreux
  • Samedi magazine – potins internationaux, surtout hollywoodiens, mais pas que, comme diraient les Français. À peine plus scabreux, mais pas encore du niveau Allô Police.
  • Tout connaître – fascicule de vulgarisation scientifique assez crédible, en tout cas plus que tout le reste de cette liste
  • Bien dans sa peau – fascicule un peu douteux au mandat plus ou moins clair : donner des trucs pour maigrir, des conseils de santé semi-scientifiques ou de l’information sur ce que mangent les vedettes
  • L’Épicerie – un spin-off de l’émission de Radio-Canada
  • À cela s’ajoutaient parfois quelques éditions spéciales, tantôt un cahier de recettes pour l’été, tantôt un hommage à une personnalité décédée soudainement, genre Heath Ledger…
La fois que ma face s’est retrouvée dans La Semaine..

J’ai trouvé ça extrêmement divertissant comme travail! Au début, je n’y faisais que quelques heures par semaine, mais après quelques mois, un collègue est parti et on m’a offert le quart de soir, de 16 h à minuit. La patronne était sévère et plutôt autoritaire, mais on s’était tout de suite bien entendues. (Je me souviens entre autres d’une fois où on s’était presque pissé dessus de rire à propos d’une chronique de santé qui proposait une technique ma fois assez farfelue pour prévenir le cancer. Tellement loufoque, à vrai dire, que je ne peux pas en reproduire les détails ici. Mais n’hésitez pas à me demander de quoi il s’agissait si on se croise bientôt, ce qui ne risque pas d’arriver parce que t’sais, le coronavirus…) Le reste de l’équipe était fort sympathique, et j’avais aussi facilité le recrutement d’un proche ami. On s’amusait bien.

Ce n’était pas de tout repos, réviser tout cela. Sans rien vouloir enlever à personne, les gens engagés pour rédiger des articles étaient sélectionnés davantage pour leur carnet d’adresses que pour leurs compétences de rédaction. On ne se sentait pas inutiles, c’est le moins qu’on puisse dire! Mais en même temps, leurs textes nous réservaient plein de surprises, et pas juste sur le plan syntaxique ou orthographique. Je me souviens que cette année-là, Nathalie Simard avait confié sa vie au complet à La Semaine. Chaque deux semaines environ, le magazine faisait ses choux gras de ses confidences. L’enfance perdue de Nathalie Simard. Le nouvel amour de Nathalie Simard. Nathalie Simard nous présente sa fille. La fille de Nathalie Simard nous présente son nouvel amour, qui est le fils du nouvel amour de Nathalie Simard. (Ne riez pas, c’est vrai.)

Mes colocs de l’époque trouvaient que tout cela constituait de l’excellente lecture pour le petit coin. Je crois même que cela leur a manqué par la suite… car ça n’a pas duré bien longtemps malgré le bon niveau d’agrément! Après un an environ, il y a eu une petite « réorganisation » : la patronne est disparue du portrait précipitamment, et on m’a demandé d’assurer la coordination de l’équipe en attendant son remplacement. Après quelques semaines, tout le monde trouvait que ça se passait fort bien, alors j’ai pris rendez-vous avec le patron pour lui demander pourquoi il n’officialiserait pas la chose en me mettant à la tête du service de révision de façon permanente. « On te trouve jeune un peu. » Très mauvaise réponse… Pour mémoire, j’ai déjà quitté mon programme de cégep parce que j’étais pas d’accord avec l’évaluation d’une prof. Oui, c’est vrai, j’ai déjà eu la mèche « un peu » courte. Mais me faire dire que je suis trop jeune pour faire une job que je suis déjà en train de faire, et qui plus est, une job qui ne m’offrira aucune possibilité d’avancement par la suite jusqu’à la fin des temps… c’est non! J’allais même pas attendre quelques mois de les convaincre; ils ne me méritaient pas.

C’est ainsi que dès que j’en ai eu l’occasion, j’ai quitté mon poste… pour sombrer de nouveau dans l’enfer de la traduction, retournant dans un programme que j’avais déjà quitté parce que j’avais trouvé ça trop plate, rappelons-le… En soi, quitter cet emploi n’était clairement pas un mauvais choix pour mon avenir. C’était même une excellente idée (de partir, pas nécessairement de retourner à la traduction) malgré que j’y ai réfléchi à peu près zéro seconde et que j’ai pris la décision juste pour envoyer promener le boss qui avait eu le malheur de douter de moi à cause de mon âge. Mauvaise raison, bon choix. On a déjà vu pire dans cette saga…

À suivre prochainement… Sinon, vous, votre vendredi 13 se passe bien?

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