Récemment, j’ai encouragé les filles à participer à un concours de musique virtuel, pour les motiver et leur donner un objectif à atteindre, étant donné qu’il n’y aura pas de concerts cette année, ni pour elles ni pour moi. Il fallait leur fallait donc réaliser chacune trois courts enregistrements… Elles se sont bien acquittées de la tâche, non sans opposer un peu de résistance.

Ça a aussi demandé de ma part une certaine persévérance dans l’encadrement des pratiques… et de la créativité pour cadrer l’image dans un coin présentable de la maison. Le seul, à vrai dire, à moins de cadrer un visage très très serré!

Le coin musique, version cadrage de compétition…
Le coin opposé, mettant en vedette un tas de bois qui a passé tout l’hiver sur le plancher du salon…
Un autre angle contrastant… Pour vrai, ça ne donne pas encore une idée juste du bordel qui régnait dans le salon ce jour-là. J’ai supprimé par erreur la pire photo. C’est sans doute mieux pour ma réputation…

C’est là qu’on réalise l’importance de cadrer dans la vie, au propre comme au figuré. On peut choisir, la plupart du temps, où on veut que notre regard (et/ou celui des autres) se pose, et ce n’est pas que mise en scène… Dans une année comme celle qui vient de passer, ça peut être un mécanisme d’adaptation, voire de survie. Choisir de diriger le regard vers les choses belles, c’est souvent beaucoup plus forçant que de s’apitoyer sur son sort, mais ça finit par faire plus de bien, je pense, même si c’est parfois difficile de s’en convaincre. J’ai peut-être l’air sage de dire ça, mais pour vrai, j’ai beaucoup plus tendance à me replier sur ma « misère »… et à me juger parce que j’ai abdiqué sur beaucoup trop de choses. Enfin, je trouverai probablement toujours quelque chose qui cloche avec la hauteur à laquelle je choisis de mettre ma barre… mais c’est ma barre, et il n’y a que moi qui la vois. Je peux bien la changer de hauteur comme je veux, quand ça m’arrange.

Par ailleurs, les concours de musique, ça éveille en moi des sentiments plutôt contradictoires. Ce n’est pas un exercice auquel j’aimais particulièrement me prêter dans ma jeunesse. Je dirais même que je n’ai pas beaucoup aimé me produire en public avant le début de l’âge adulte! Mon goût pour la performance date du siècle actuel, mais mes études au Conservatoire, du siècle précédent. Il a peut-être un lien à faire…

Et il y a aussi des raisons pour lesquelles je suis mi-figue mi-raisin quant aux concours qui ne sont pas tout à fait étrangères à ce que j’évoquais plus haut. Inévitablement, les concours servent à se mesurer aux autres… et quand ce sont nos enfants qui se prêtent au jeu, même si on leur dit que l’important, c’est de participer, on finit souvent par « profiter » de l’occasion pour juger notre propre qualité de parent! Est-ce que j’inculque suffisamment de discipline à ma progéniture? Suis-je en train d’en faire des underachievers parce que je leur en demande beaucoup moins que ce qu’elles pourraient donner? Vais-je gâcher leur vie parce que je ne suis pas assez stricte dans ma gestion du temps d’écran? Sûrement, parce que l’autre enfant de 8 ans joue du violon mieux que moi…

Dans la grande fatigue pandémique qui m’accable (comme la majorité d’entre nous, probablement), j’ai tendance à oublier que c’est bien correct de sauter des pratiques pour préserver ma santé mentale, pour éviter une crise, et que, surtout, c’est un choix réfléchi que je fais, de ne pas mettre beaucoup de pression (encore là, tout cela est bien relatif – elles ont eu l’impression que je leur mettais énormément de pression pour faire ces vidéos, une autre chose qui ne paraît pas dans le cadre…) à mes enfants pour qu’elles soient hyper performantes dans un domaine, ou dans plusieurs. J’en parlais avec mon physio récemment: la spécialisation, chez les enfants, et encore plus à l’adolescence, ce n’est pas tant souhaitable. Dans la plupart des cas, l’équilibre vaut mieux que la haute performance.

Et au fond, je considère souvent la musique comme un moyen de développer le sens de l’effort chez mes filles parce que l’école n’en demande pas beaucoup, mais savez-vous quoi? Je pense que le sens de l’effort, ça vient naturellement quand on fait quelque chose qui nous passionne, quand les difficultés nous donnent envie de nous dépasser plutôt que d’abandonner, et que c’est normal que ça arrive plus tard pour certaines personnes pour qui tout semble facile. Je ne sais pas si c’est nécessaire, finalement, de rendre les choses plus difficiles juste pour s’assurer que personne ne dorme sur son talent…

Je n’ai pas fini d’y réfléchir, mais pour l’heure, je vais aller aider ma plus grande avec sa pratique, et ce, même si ça ne lui tente pas pantoute! 🙂 Je suis définitivement un être plein de contradictions!

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