Demain, faute d’avoir assez d’endurance pour jouer une symphonie de 75 minutes au violon, j’apporterai ma modeste contribution au gong (le vrai nom de l’instrument, tel qu’inscrit dans la partition, c’est tamtam, mais ça mêle les gens, qui pensent immédiatement à des rythmes endiablés au pied du mont Royal, un dimanche; ce n’est pas ça du tout).

Tout le monde y gagne: j’ai encore un peu l’impression de faire partie de la gang, et l’orchestre obtient un excellent rapport qualité-prix, peu importe ma performance! Je ne coûte vraiment pas cher la note, comparé aux autres percussionnistes!

À la prégénérale, une collègue violoniste m’a demandé si je trouvais ça difficile de compter autant de mesures de silence… C’est vraiment moins difficile que de jouer vingt pages de notes suraigües qui s’enchaînent à une vitesse folle, je dirais! (De toute façon, je compte un peu comme une maniaque à l’orchestre, peu importe l’instrument et le nombre de mesures à compter, et même si je connais l’oeuvre par coeur! Parfois presque à voix haute quand ça devient compliqué…)

Compter, c’est la partie la plus facile (sauf lorsqu’on a deux blocs consécutifs de 20 mesures à compter, et qu’on ne se souvient plus si on est dans le premier ou le deuxième), mais il y a quand même d’autres difficultés à jouer des percussions, même juste une dizaine de coups de gong et 8 mesures de « holzklapper ».

Il ne faut pas donner un coup de fesse dans le gong (ça s’entend) ni s’enfarger dans le « rack à gong », ni échapper ses baguettes!

Il faut être capable de faire une entrée au feeling lorsque le chef reprend en plein milieu de nulle part et qu’il n’y a pas de chiffres de mesure dans la partition.

Il faut savoir mesurer sa force (ce n’est vraiment pas aussi évident qu’on peut le croire: j’ai donné tantôt dans la force démesurée, tantôt dans le air gong!) et contrôler la résonance.

Et ça prend surtout un peu de renoncement pour les longs moments où je ne participe que par une présence silencieuse et attentive au déploiement de cette belle musique (la cinquième symphonie de Mahler, en l’occurrence), alors que j’ai l’habitude d’être dans le feu de l’action… Mais mon corps va me remercier dimanche matin! À mes deux derniers concerts, je me suis réveillée avec le tronc décalé de trois pouces vers la gauche, par rapport à mes jambes…

Pour ceux que ça intéresse, le concert est le samedi 4 juin, à la salle Claude-Champagne de l’Université de Montréal, à 19 h 30. Billets en vente sur place ou à https://www.sinfoniamtl.com/

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