Comme vous pouvez l’imaginer, il ne se passe pas grand-chose ces jours-ci. Il y a quelques semaines, espérant reprendre l’orchestre à l’automne, je me suis dit qu’il était temps que j’essaie de recommencer à travailler à temps plein. C’était beaucoup de wishful thinking. Mes mains, la droite surtout, ne sont pas encore prêtes pour ça. Et l’orchestre (à cordes) qui devait reprendre le 29 septembre… évidemment, ce n’est pas arrivé. La seule activité musicale (à part forcer mes enfants à faire leurs pratiques quotidiennes) à laquelle j’aurai eu la chance de participer dans les six derniers mois, c’est donc celle dont je vous parlais ici (et que l’Orchestre Métropolitain a documenté ici).

C’est triste, ce qui se passe actuellement, pour le milieu culturel. Moi, ça me rentre un peu dedans parce que ça me prive d’un passe-temps et activité sociale qui me fait énormément de bien (mentalement, en tout cas), mais beaucoup de gens se voient interdire de pratiquer leur métier, ou encore doivent le faire dans des conditions extrêmement restrictives, voire impossibles. Même si je comprends en partie le besoin bien réel d’endiguer cette épidémie, à leur place, je m’indignerais aussi d’avoir l’impression qu’on me dit : « Arrête de travailler, ce n’est pas important ce que tu fais. » Sans parler des conséquences financières dévastatrices. Je ne suis pas d’accord pour dire que l’art, la culture ne sont pas essentiels; mon parcours professionnel un peu étriqué en témoigne. Espérons au moins que l’état de privation nous fera réaliser collectivement à quel point c’est important.

Les Legos font partie du problème autant que de la solution…

Sinon, personnellement, j’ai décidé de profiter de cette nouvelle période d’enfermement pour me consacrer à des projets intérieurs. Vous demandez-vous si je parle ici de réaligner mes chakras, d’avoir une vie intérieure épanouie en travaillant ma respiration yogique, d’améliorer mon transit intestinal avec une meilleure alimentation, ou encore de refaire mon sous-sol ? J’imagine que je devrais opter pour « toutes ces réponses », mais je vais plutôt me concentrer sur la dernière option, qui constitue déjà un projet d’envergure. Notre sous-sol, actuellement, c’est 100 pieds carrés où il est impossible de circuler parce que le sol est jonché de Legos, une salle d’eau très peu invitante, et un méchant gros bordel dans la section non finie. Peut-être les 900 pieds carrés les plus mal exploités de l’univers… Ça devrait m’occuper jusqu’à temps qu’un vaccin soit trouvé, et peut-être même au-delà!

Surprise matinale

J’essaie aussi, malgré le froid et la grisaille qui s’installent tranquillement, de garder mes bonnes habitudes de sortir de la maison pour marcher ou courir, le midi et après le travail. Ce serait si facile d’oublier de mettre le nez dehors et de passer 100 % du temps entre les quatre murs de ma maison. C’est comme ça que j’ai pu faire la rencontre des dindes d’Ahuntsic. J’en avais déjà vu deux ou trois l’an dernier, mais elles sont maintenant au moins sept à se dandiner nonchalamment dans le quartier. Je les croise de temps en temps, au hasard d’une marche matinale, dans la cour de mon voisin, ou même traversant en procession la rue Sauvé, faisant fi de la circulation automobile. Je ne peux m’empêcher de me demander d’où viennent ces dindes, où passent-elles l’hiver, comment se reproduisent-elles? Aurons-nous bientôt un problème de dindes dans Ahuntsic ? En attendant, je suggère de renommer tous les clubs sportifs du quartier « les dindes d’Ahuntsic ». Ça fait gagnant.

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